Les révélations concernant Jeffrey Epstein continuent de susciter l’indignation et l’effroi. Ce mercredi 4 février, l’émission C à vous a évoqué une série de documents déclassifiés par la justice américaine. Ces documents mettent en lumière l’étendue du réseau d’influence du milliardaire, bien au-delà de ses affaires criminelles.
Face à Anne-Élisabeth Lemoine, le journaliste James André, spécialiste de la politique américaine, a décrit Epstein comme un homme obsédé par le pouvoir, la manipulation et la domination. Il a insisté sur le fait qu’il fallait distinguer deux aspects : le volet criminel et celui de l’influence politique et économique qu’Epstein entretenait à travers le monde.
Un réseau d’influence financé par des millions
Selon James André, Epstein repérait systématiquement des personnalités qui pouvaient lui être utiles à l’avenir. Il explique : « On a l’impression qu’il était toujours à l’affût de toutes les personnalités susceptibles de lui servir plus tard. » Richissime, Jeffrey Epstein, qui s’est suicidé en prison, n’hésitait pas à faire preuve d’une grande générosité pour s’attacher des alliés.
Il évoque notamment des sommes importantes versées à des responsables politiques ou à des proches du pouvoir. Par exemple, Epstein aurait dépensé 56 000 euros pour Jack Lang, ou encore payé le loyer de Sarah Ferguson. Ces largesses n’étaient pas gratuites, mais servaient à obtenir des faveurs en retour, explique le journaliste. En Grande-Bretagne, certains de ces faits pourraient même être liés à du trafic d’influence ou à une trahison d’État.
Sarah Ferguson menacée comme dans un film par Jeffrey Epstein
Un témoignage particulièrement troublant concerne Sarah Ferguson, l’ancienne épouse du prince Andrew. En difficulté financière, elle aurait reçu de Jeffrey Epstein une aide financière, notamment pour payer son loyer, avec des versements pouvant atteindre 20 000 dollars. Leur relation semblait amicale, jusqu’à ce qu’elle décide de prendre ses distances avec lui.
Selon les sources, c’est à ce moment que le comportement d’Epstein aurait changé. « La presse britannique rapporte qu’elle a reçu un appel où il lui parlait comme ‘Hannibal Lecter’ », raconte James André. Epstein l’aurait menacée de se venger et de « détruire sa vie » si elle osait le quitter. Ce comportement, qui rappelle celui d’un personnage de film d’horreur, témoigne de la dangerosité de l’homme.
Le journaliste précise que ce type de menace se serait répété avec d’autres personnalités influentes. « Si vous multipliez cela par le nombre de responsables qu’il a aidés ou intimidés, cela forme un réseau d’influence très impressionnant », conclut-il.
