Lors d’une audition à l’Assemblée nationale le 2 février, la présentatrice du 20 Heures de France 2, Léa Salamé, a été confrontée à des questions sur sa neutralité. La discussion a été marquée par une phrase qui a fait sensation : « Je quitte le 20 h immédiatement ».
Les députés s’interrogent sur la possible influence de sa vie personnelle, notamment son couple avec l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, sur sa ligne éditoriale. Ce dernier est considéré comme un candidat potentiel à la présidentielle. Depuis sa nomination à la tête du journal, Léa Salamé est sous surveillance. Le rapporteur Charles Alloncle lui a reproché d’avoir été recrutée en partie parce qu’elle est en couple avec un homme pressenti pour représenter le Parti socialiste à l’élection présidentielle. La question a également été posée sur Jordan Bardella, ce qui a tendu l’atmosphère.
Les questions autour de la neutralité de Léa Salamé
Pour répondre aux critiques, Alexandre Kara, le directeur de l’information de France Télévisions, a défendu le choix de la journaliste. Il a souligné ses audiences élevées et précisé que Raphaël Glucksmann n’a pas encore annoncé sa candidature. Il a ajouté que, si nécessaire, des règles déontologiques s’appliqueraient.
Devant la commission, Léa Salamé a expliqué avoir déjà suspendu sa présence à l’antenne lors des campagnes de son compagnon. Elle a affirmé être une journaliste indépendante, insistant sur son engagement à quitter l’antenne dès que son partenaire serait en campagne. Elle a précisé avoir déjà appliqué cette règle, même contre l’avis de sa rédaction. Pour elle, cette décision vise à éviter tout doute chez les Français. Actuellement, Raphaël Glucksmann n’est pas candidat.
Une ligne de conduite claire
La journaliste a insisté sur l’importance de son indépendance. Elle a expliqué qu’elle se retire systématiquement pour préserver cette neutralité. Elle a aussi rejeté l’accusation d’être une « femme sous influence », rappelant qu’elle ne laisse personne écrire ses discours.
Selon elle, la règle est simple : « Tant qu’il n’est pas candidat, on travaille normalement. Quand il se lance en campagne, on se retire pour protéger ses équipes et la confiance des téléspectateurs. » Elle a aussi précisé que ce retrait, symbolisé par sa phrase « Je quitte le 20 h immédiatement », est une façon de préserver l’intégrité de son journal.
Une question politique sur sa vie privée
Le débat a pris une tournure plus politique lorsque Charles Alloncle a suggéré que si Léa Salamé était la compagne de Jordan Bardella, elle ne présenterait plus le journal. Elle a répondu qu’elle était une femme libre, capable de faire ses choix politiques sans se laisser influencer par son partenaire.
Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a insisté sur le fait qu’une femme doit pouvoir continuer son travail indépendamment de ses relations personnelles. Léa Salamé a confirmé qu’elle n’était pas la compagne de Jordan Bardella et a souhaité que, si une journaliste était en couple avec un homme politique, elle puisse continuer à travailler normalement jusqu’à ce que cette personne devienne candidat.
Finalement, Charles Alloncle a tenté de faire un parallèle avec d’autres situations, en évoquant Laurent Delahousse et Marine Tondelier, pour souligner l’importance de la neutralité journalistique indépendamment des relations privées.
