Une audition très médiatisée devant la commission sur l’audiovisuel public
Le lundi 2 février, Laurent Delahousse, présentateur des journaux de France 2 le week-end, s’est exprimé devant la commission parlementaire chargée de la neutralité, du fonctionnement et du financement de l’audiovisuel public. Rarement discret sur son métier, il a répondu à de nombreuses questions durant près de deux heures.
Ce moment était très attendu, notamment après la sortie de Léa Salamé, qui avait exprimé son mécontentement. La salle comprenait aussi de nombreux journalistes et parlementaires intéressés par ses déclarations.
Questions sur l’impartialité et la relation avec les politiques
Les députés ont interpellé Laurent Delahousse sur son impartialité, ses relations avec les responsables politiques, et son style de présentation. Selon Le Parisien live, il a été questionné notamment sur la neutralité de France Télévisions et la façon dont ses équipes traitent les sujets concernant le Rassemblement National (RN).
Une position ferme face aux accusations de complaisance
Plusieurs questions ont porté sur les accusations selon lesquelles le journaliste serait trop complaisant avec certains politiques. Ersilia Soudais (France Insoumise) a évoqué la critique selon laquelle Laurent Delahousse aurait tendance à “dépolitiser la politique et à normaliser l’extrême droite” à travers ses interviews, notamment avec Marine Le Pen ou Emmanuel Macron.
En réponse, Laurent Delahousse a affirmé qu’il n’avait jamais eu de liens privilégiés avec des responsables politiques, insistant sur le fait qu’il ne faisait jamais preuve de complaisance ou de concession, tout en restant fidèle à son style de présentation. Il a aussi souligné que, dans son métier, il fallait respecter la déontologie et garder une certaine liberté.
La liberté des journalistes et la crainte de l’encadrement
Interrogé sur l’encadrement de la liberté des journalistes, Laurent Delahousse a exprimé son inquiétude face à ce qu’il a appelé “le mot encadrement”. Il a insisté sur le fait que la liberté de la presse doit être préservée, à condition que les principes déontologiques soient respectés. Il a dénoncé “une époque étrange” où la liberté des journalistes serait menacée.
Une remarque subtile à un député du Rassemblement National
Lors de l’audition, Philippe Ballard, député RN, a évoqué un tract du Syndicat National des Journalistes (SNJ), dans lequel il était écrit qu’il fallait “faire barrage à Marine Le Pen, à l’extrême droite”. Il a également questionné Laurent Delahousse sur la perception de la confiance lors de reportages concernant le RN.
Le journaliste a répondu calmement, précisant que France Télévisions envoie chaque jour ses journalistes sur le terrain, sans que leur couleur politique ne soit un critère de sélection. Il a souligné que les équipes d’enquête sont vigilantes et que la neutralité est un principe fondamental. La remarque de Laurent Delahousse, “Vous en savez quelque chose”, a été perçue comme une petite pique à l’attention du député RN, soulignant l’importance de l’impartialité dans le journalisme.
