Une audience se tient ce mardi devant le tribunal de commerce de Lille Métropole pour examiner la demande du groupe IDKIDS. Le groupe, spécialisé dans le prêt-à-porter pour enfants, souhaite mettre en redressement judiciaire la majorité de ses marques en France, dont sa marque phare Okaïdi.
La crise du secteur du prêt-à-porter français ne cesse de faire des victimes. Après des marques comme IKKS, Camaïeu, Kookaï, Gap France, Pimkie ou Comptoir des Cotonniers, c’est au tour d’IDKIDS de faire face à de graves difficultés financières.
Basé à Roubaix, le groupe a demandé cette procédure pour plusieurs de ses enseignes en France. Parmi elles, Okaïdi, qui propose des vêtements pour les enfants de 3 à 14 ans, ainsi que les marques Obaïbi (pour les 0-3 ans), Oxybul (jeux d’éveil), et la plateforme logistique IDLOG. Le groupe emploie environ 2 000 personnes.
Les marques étrangères et la marque haut de gamme épargnées
En revanche, la demande ne concerne pas la marque haut de gamme Jacadi Paris, ni les filiales étrangères ou les franchises du groupe. Selon le groupe, cette procédure vise à lui donner « du temps et des moyens financiers » pour accélérer sa transformation face à un environnement économique difficile.
Le groupe explique faire face à une concurrence intense, notamment celle des enseignes low cost, des marchés de seconde main, et de la mode ultrafast. Il souligne également la nécessité pour Okaïdi de faire évoluer son modèle opérationnel et de renforcer son identité pour rester compétitif. En mars 2024, l’enseigne avait déjà annoncé une stratégie de simplification.
Les réactions des syndicats
Cette annonce a suscité la colère des syndicats. Farida Khelifi, déléguée CGT, estime que ce redressement était attendu depuis plusieurs années, en raison d’une dette importante liée à des erreurs stratégiques dans un secteur en déclin. Elle évoque aussi la concurrence des plateformes en ligne et la baisse du pouvoir d’achat comme facteurs aggravants.
Selon elle, cette procédure pourrait entraîner la fermeture de plusieurs magasins et la suppression de nombreux postes. IDKIDS, qui est une filiale bien implantée dans le quotidien des Français, est présente dans 70 pays. Son chiffre d’affaires s’élève à 800 millions d’euros, et elle compte 6 000 salariés.
