Une reconstitution vocale exceptionnelle grâce à la science
Plus de quatre siècles après sa mort, la voix d’Henri IV a été partiellement reconstituée grâce aux avancées scientifiques en biomédecine. Cette prouesse a été annoncée par un communiqué commun des hôpitaux Foch de Suresnes, de l’Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et du laboratoire de phonétique et phonologie de Paris.
Le roi, assassiné en 1610, a fait l’objet d’un travail inédit basé sur son crâne et les structures anatomiques de sa tête. Grâce à une modélisation en 3D, les chercheurs ont réussi à simuler les mécanismes de production de sa voix, permettant d’entendre à nouveau certains sons qui auraient été émis par le monarque.
Une conservation exceptionnelle pour une reconstruction
Ce travail a été rendu possible par l’état remarquable de la tête momifiée du roi, conservée depuis son embaumement à la basilique de Saint-Denis. Chaque os, cartilage et structure muqueuse ont été minutieusement reconstitués puis simulés numériquement pour produire des sons jugés plausibles d’un point de vue acoustique.
Les scientifiques Philippe Charlier, médecin légiste et archéo-anthropologue, et Robin Baudouin, chirurgien spécialisé en laryngologie, expliquent qu’en combinant leurs compétences, ils sont parvenus à faire parler les morts, ou du moins à produire des sons proches de ceux qu’il aurait pu prononcer.
Les défis de la reconstitution vocale
Recréer la voix complète d’Henri IV reste un défi, notamment parce qu’il faut prendre en compte la prononciation du XVIIe siècle, son accent béarnais, ainsi que des particularités linguistiques comme l’absence de certains sons modernes ou les « r » roulés. La reconstitution actuelle ne concerne que des sons isolés, comme des voyelles, permettant d’avoir un premier aperçu du timbre de sa voix, décrite historiquement comme chaleureuse et éloquente.
Perspectives et applications
Au-delà de l’intérêt historique, cette avancée ouvre des portes dans le domaine médical. La possibilité de recréer une voix à partir d’une anatomie altérée pourrait notamment aider au suivi et à la réhabilitation des patients atteints de cancers du larynx, offrant ainsi de nouvelles perspectives thérapeutiques.
