Virus Nipah : une menace sanitaire en 2026
En janvier 2026, un foyer de virus Nipah a été détecté en Inde, ravivant les inquiétudes autour de cette maladie très contagieuse. Ce nouveau cas a conduit à la mise en place de contrôles sanitaires renforcés dans plusieurs aéroports, notamment en raison du risque de transmission interhumaine.
Ce virus, considéré par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l’un des agents pathogènes les plus dangereux, affiche un taux de mortalité pouvant atteindre 75 %. La récente flambée en Inde, après la mort soudaine d’un adolescent dans le Kerala, s’est étendue au Bengale-Occidental où plusieurs personnels de santé ont été contaminés. Malgré une surveillance accrue en Asie du Sud-Est, aucun vaccin n’est encore disponible. La rapidité des décès, souvent liés à une encéphalite ou à une défaillance cardiaque, alarme les experts qui craignent une mutation facilitant la transmission entre humains, ce qui pourrait entraîner une crise sanitaire mondiale.
Qu’est-ce que le virus Nipah ?
Découvert en 1998 en Malaisie chez des éleveurs de porcs, le virus Nipah (NiV) est un virus zoonotique, c’est-à-dire qu’il peut être transmis d’un animal à l’homme et vice-versa. Chez l’humain, l’infection peut ne présenter aucun symptôme ou évoluer vers une maladie respiratoire aiguë, pouvant aller jusqu’à une encéphalite mortelle, une inflammation du cerveau. La période d’incubation, c’est-à-dire le délai entre l’exposition au virus et l’apparition des symptômes, varie généralement de 4 à 14 jours, mais peut atteindre 45 jours selon l’OMS.
Les pays touchés par le virus Nipah
- Bengale-Occidental (janvier 2026) : Une nouvelle épidémie a été enregistrée à Calcutta, où au moins cinq personnes, principalement du personnel soignant, ont été contaminées, indiquant une transmission interhumaine en milieu hospitalier.
- Kerala : Après plusieurs décès (2021, 2023, 2024), l’État maintient ses mesures d’urgence, mais le virus semble désormais s’installer de manière plus régulière dans plusieurs régions du pays.
- Bangladesh : Le virus y circule de façon saisonnière, notamment via la consommation de sève de palmier contaminée. En 2025, plusieurs cas sporadiques ont été recensés, avec quatre décès, confirmant que le virus est endémique dans certains villages.
- Thaïlande et Vietnam : Face à la progression du virus en Inde et au Bangladesh, ces pays ont renforcé leurs contrôles aux frontières, notamment avec des contrôles thermiques pour détecter la fièvre chez les voyageurs venant des zones à risque.
Le virus Nipah est-il présent en France ?
À ce jour, aucun cas de virus Nipah n’a été détecté en France ni en Europe. Le virus ne circule pas naturellement sur le continent, car les chauves-souris frugivores du genre Pteropus, principales réservoirs, n’y sont pas présentes. Cependant, les autorités françaises, via Santé publique France et le COREB, surveillent activement toute suspicion liée à des cas importés, notamment en raison du risque potentiel lié à un voyageur revenant des zones infectées en Inde.
Comment le virus Nipah se transmet-il ?
La transmission du virus Nipah peut s’effectuer de plusieurs façons :
- De l’animal à l’homme : principalement par contact avec des porcs infectés ou des chauves-souris porteuses. La transmission peut aussi concerner d’autres animaux domestiques comme les chiens, chats, chevaux ou chèvres.
- Entre humains : par contact rapproché avec les sécrétions, salive ou excrétions de personnes infectées.
- Via des aliments contaminés : notamment la consommation de fruits ou de produits dérivés contaminés par des excrétions de chauves-souris infectées, comme le jus de dattier ou de palmier.
Les premières épidémies en Malaisie et Singapour ont été liées à un contact direct avec des porcs malades ou leurs tissus. Plus tard, en Inde et au Bangladesh, la contamination provenait souvent de fruits ou de produits contaminés par des chauves-souris, notamment par leur urine ou leur salive.
Quels sont les symptômes du virus Nipah ?
Les symptômes varient d’une infection asymptomatique à une maladie grave :
- Fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, vomissements, maux de gorge (premiers signes)
- Vertiges, somnolence, confusion mentale (second stade)
- Dans les cas graves : pneumonie, problèmes respiratoires, encéphalite, convulsions, pouvant conduire au coma en 24 à 48 heures.
Le virus Nipah est-il mortel ?
Le taux de mortalité est élevé, entre 40 % et 75 %. La majorité des patients qui survivent à l’encéphalite aiguë récupèrent complètement, mais environ 20 % gardent des séquelles neurologiques telles que des troubles convulsifs ou des modifications de la personnalité. Certains cas peuvent connaître des rechutes ou une encéphalite tardive. En septembre 2023, l’OMS a classé le virus Nipah parmi les maladies présentant le plus grand risque pour la santé publique en raison de leur potentiel épidémique.
Quelle est la période d’incubation ?
Selon l’OMS, la période d’incubation se situe généralement entre 4 et 14 jours. Cependant, des cas avec une incubation pouvant atteindre 45 jours ont été reportés.
Comment diagnostiquer une infection à virus Nipah ?
Le diagnostic est difficile car les symptômes ne sont pas spécifiques. Il repose sur l’analyse des antécédents médicaux et la réalisation de tests en phase aiguë ou de convalescence. Les principaux examens incluent la RT-PCR, qui détecte le matériel génétique du virus dans les liquides biologiques, ainsi que des tests sérologiques (ELISA) pour rechercher la présence d’anticorps ou d’antigènes dans le sang.
Existe-t-il un traitement ou un vaccin ?
Aucun traitement spécifique ou vaccin n’est encore disponible pour le virus Nipah. La prise en charge consiste principalement en soins de soutien intensifs pour traiter les complications respiratoires et neurologiques.
Comment se protéger contre le virus Nipah ?
En l’absence de vaccin, la prévention repose sur des mesures de sensibilisation et de réduction des risques :
- Faire bouillir, laver et peler les fruits récoltés dans les zones à risque avant leur consommation.
- Éviter de manger des fruits partiellement mangés par des chauves-souris.
- Porter des gants et des vêtements de protection lors de la manipulation d’animaux malades ou de leurs tissus, notamment lors de l’abattage.
- Protéger les élevages de porcs et la nourriture des animaux contre la présence de chauves-souris.
- Se laver régulièrement les mains et éviter tout contact rapproché non protégé avec des personnes infectées.
