Deux ans après les premières révélations sur l’établissement scolaire Bétharram, la Fédération nationale de l’enseignement catholique a annoncé ce jeudi 22 janvier la fermeture prochaine de l’établissement.
Les réactions et les développements liés à l’affaire Bétharram
Plusieurs actions judiciaires et réactions ont marqué cette affaire. Un ancien élève d’Ozanam-Bétharram poursuit l’État pour « faute lourde » devant le tribunal administratif de Limoges. Par ailleurs, des victimes de Bétharram ont réagi à la démission de François Bayrou, en lançant notamment la phrase : « Qu’il retourne faire la sieste à Pau ».
Au total, 17 nouvelles plaintes ont été déposées pour des faits commis entre 1961 et 1993, témoignant de la durée et de la gravité des abus. Une enquête visant des prêtres décédés a également été classée sans suite à Limoges.
Les victimes et leur mobilisation
Le collectif de victimes dirigé par Alain Esquerre a décidé de se retirer de la commission d’enquête indépendante sur l’affaire Bétharram. La justice a aussi été saisie pour une plainte contre la congrégation de Bétharram, pour « crime contre l’humanité », concernant des violences passées dans l’école catholique Ozanam de Limoges, active jusque dans les années 1970.
Les victimes, notamment le porte-parole du collectif, appellent à rendre imprescriptibles les crimes sexuels commis sur des mineurs. La commission parlementaire a publié ses conclusions, dont seul le rapporteur insoumis, Paul Vannier, estime que François Bayrou aurait menti.
Les actions du gouvernement et la réponse de François Bayrou
Le ministère de l’Éducation a indiqué qu’il étudierait « si il y a lieu » d’adapter ses plans pour lutter contre les violences dans les établissements privés. Par ailleurs, la commission d’enquête parlementaire a publié un rapport critique, reprochant notamment à François Bayrou un « défaut d’action » lors de l’affaire Bétharram.
Le co-rapporteur de la commission, député LFI Paul Vannier, envisage une saisine de la justice contre plusieurs personnes, dont François Bayrou, pour de possibles faux témoignages. La commission accuse également le Premier ministre d’avoir « fait varier très profondément sa version » des faits lors de son audition.
Les révélations et la défense de François Bayrou
François Bayrou a déposé des documents et affirmé qu’ils prouvent « l’inanité » des accusations à son encontre. Il a aussi dénoncé une « cyberattaque massive » contre son site internet, où étaient publiés des pièces justificatives de sa défense. Lors de longues auditions, il a rejeté toute connaissance des violences commises, affirmant n’avoir été informé que par la presse.
La fille de François Bayrou, Hélène Perlant, a témoigné dans plusieurs médias et dans un livre à paraître, évoquant avoir été victime de violences dans un camp d’été organisé par la même congrégation. Elle a également confirmé que son père avait rencontré un juge en 1998 dans le cadre d’une enquête sur un viol à Bétharram.
Les autres acteurs et les enquêtes en cours
Plusieurs personnalités ont pris la parole, notamment Marine Tondelier, qui estime que François Bayrou « devrait démissionner ». La justice a aussi demandé à ce que les plaintes contre le Premier ministre soient traitées par une autre juridiction, en raison de ses liens avec la justice locale.
Une inspection de l’Éducation nationale a relevé des « manquements » dans l’établissement. La ministre Borne a annoncé une enquête de l’inspection générale sur l’affaire. Enfin, la commission d’enquête prévoit d’interroger François Bayrou le 14 mai prochain, pour faire toute la lumière sur ses responsabilités et ses connaissances dans cette affaire.
