Une femme en Suisse a reçu une amende après avoir publié sur Facebook une information concernant un radar. Cette situation insolite illustre les risques liés au partage d’informations en ligne.
Une publication à ses dépens
Tout a commencé à l’été 2025 dans le canton d’Argovie. Une automobiliste de 60 ans a partagé sur Facebook une publication signalant la présence d’un radar semi-stationnaire. Ce dispositif était placé dans une zone régulièrement surveillée par la police régionale. La publication ne venait pas d’elle, mais d’un autre utilisateur, mais cela n’a pas empêché les conséquences juridiques.
Le ministère public de Baden a émis une ordonnance pénale la déclarant coupable d’avoir enfreint la loi sur la circulation routière. En Suisse, avertir publiquement de la présence d’un contrôle de vitesse est considéré comme une entrave à l’action des forces de l’ordre, peu importe le moyen utilisé, que ce soit Facebook, WhatsApp ou autre.
Le partage d’une publication a coûté très cher à cette automobiliste suisse.
Une procédure déclenchée par un signalement
La sanction a été prononcée après qu’une tierce personne a déposé une plainte. Les autorités précisent qu’elles ne surveillent pas activement les réseaux sociaux. Sans ce signalement, l’affaire serait probablement passée inaperçue. Dès qu’un signal est reçu, la machine judiciaire se met en marche, sans distinction entre celui qui a publié l’original et celui qui a simplement relayé l’information.
Une loi en vigueur depuis longtemps
Selon Adrian Schuler, porte-parole du ministère public cantonal, cette interdiction de faire connaître publiquement les contrôles routiers existe depuis 13 ans. Pourtant, cette règle reste largement méconnue du public. La popularisation des réseaux sociaux et des applications communautaires a contribué à banaliser ces pratiques, au point qu’elles paraissent souvent normales aux yeux des usagers.
Dans le cas de cette femme, la sanction s’élève à 200 francs suisses, soit environ 215 euros. À cela s’ajoutent des frais de procédure, portant le montant total à près de 650 euros. Une somme considérable pour un simple clic sur le bouton « partager » sur Facebook.
Les autorités rappellent cependant qu’elles manquent de ressources pour traquer systématiquement ce type de publications en ligne. Elles précisent que, lorsqu’une infraction leur est signalée, elles doivent agir conformément à la loi. Le système repose largement sur la vigilance des citoyens pour signaler ces publications.
