Trois mois après le cambriolage du Louvre : où en est l’enquête ?
Le cambriolage spectaculaire du musée du Louvre, survenu il y a trois mois, a marqué l’actualité. Le 19 octobre dernier, des bijoux exposés dans la galerie d’Apollon ont été dérobés en plein jour, dans le plus grand musée du monde. Le vol, estimé à 88 millions d’euros, a suscité une vive émotion en France et à l’échelle internationale.
Depuis, l’enquête a progressé. Quatre hommes, tous dans la quarantaine, ont été mis en examen. Ils sont notamment poursuivis pour vol en bande organisée et ont été placés en détention provisoire. Une femme a également été mise en examen, mais elle est actuellement sous contrôle judiciaire. Les huit bijoux, considérés comme « la couronne de France » de cette collection, restent introuvables à ce jour.
Les suspects et leurs reproches
Le 25 octobre, Aboulaye N., 40 ans, a été arrêté. Il est soupçonné d’être entré dans la galerie d’Apollon. Son ADN a été retrouvé dans une vitrine contenant les bijoux, ce qui l’a confondu. Il a reconnu les faits, expliquant avoir été recruté deux jours avant le vol par deux personnes parlant slave.
Le même jour, Ayed G., 35 ans, a été interpellé à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, alors qu’il tentait de s’envoler pour l’Algérie avec un billet simple. Sa valise ne contenait que des vêtements et un casque de moto. Son ADN a été retrouvé sur un véhicule utilisé avant le cambriolage. Il a reconnu avoir été dans la galerie, mais affirme que les bijoux lui ont été arrachés dès qu’il est descendu de la nacelle. Il a expliqué avoir été recruté par un mystérieux homme surnommé « LASER ».
Une importante saisie à La Courneuve
Autre suspect, Slimane K., 37 ans, dont l’ADN a été retrouvé dans un camion nacelle utilisé lors du braquage. Il a été arrêté le 29 octobre près du stade Jean-Bouin à Paris. Une clé trouvée dans sa poche a permis aux enquêteurs de localiser un local à La Courneuve, où de nombreux outils liés au cambriolage ont été découverts, comme une disqueuse, une perceuse ou un brouilleur de signaux.
Son ex-compagne, âgée de 38 ans, a aussi été mise en examen. Elle a nié toute implication lors de son audition, en larmes, affirmant ne pas vouloir payer pour les actes de son ancien compagnon.
Les autres personnes suspectées
Rachid H., 39 ans, a été interpellé le 25 novembre à Laval. Bien que son ADN n’ait pas été retrouvé sur le lieu du vol, les enquêteurs s’interrogent. Des éléments relient un véhicule stationné dans un parking d’Aubervilliers à cet homme. Une conversation téléphonique après le cambriolage, avec un membre de sa famille, alimente aussi les soupçons. Son avocate nie sa présence au Louvre ce jour-là.
Parcours des bijoux et véhicules impliqués
Les bijoux volés ont probablement transité par plusieurs véhicules. Un utilitaire blanc, garé à Ivry-sur-Seine avant le cambriolage, aurait été utilisé par les malfaiteurs. Après le vol, ils se seraient dirigés vers les Yvelines et le Vexin, puis seraient revenus dans un parking souterrain d’Aubervilliers à 11h20. Des scooters, eux aussi filmés, ont été utilisés pour transporter une partie du butin, notamment un objet en forme de diadème, dont un morceau semblait manquant.
Les pistes pour retrouver les bijoux
La procureure de Paris, Laure Beccuau, indique qu’aucune preuve ne permet pour l’instant d’affirmer que les bijoux ont quitté la France. Cependant, l’hypothèse n’est pas totalement exclue. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations, aussi bien en France qu’à l’étranger, notamment en Europe.
Des pistes ont été explorées, comme un passage à l’aérodrome de Lognes en Seine-et-Marne, mais sans résultat concluant. Les renseignements issus de plusieurs pays européens continuent d’alimenter l’enquête, sans qu’aucune avancée significative n’ait été réalisée à ce jour.
