Le procès en appel des assistants parlementaires du FN
Ce mardi 13 janvier, la cour d’appel de Paris examine le dossier des assistants parlementaires du Front national (FN). Ce procès en appel est crucial pour Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (RN), car il pourrait confirmer une peine d’inéligibilité de cinq ans prononcée en première instance.
Les faits reprochés et le déroulement du procès
Douze membres du RN, dont Marine Le Pen, Nicolas Bay, Julien Odoul, Bruno Gollnisch et Fernand Le Rachinel, comparaissent devant la première chambre civile de la cour d’appel. Le procès doit durer jusqu’au 12 février. Pendant cette période, la cour interrogera ces personnalités sur des accusations de détournements de fonds publics présumés.
En première instance, Marine Le Pen avait été condamnée le 31 mars 2025 à quatre ans de prison, dont deux ferme, ainsi qu’à une amende de 100 000 euros. La peine d’inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate avait également été prononcée contre elle.
La justice l’avait reconnue coupable, avec 24 autres eurodéputés, des assistants, un expert-comptable, et le parti lui-même. Ils étaient jugés pour avoir mis en place, entre 2004 et 2016, un système permettant de payer des salariés du parti avec des fonds du Parlement européen. Le préjudice économique total était évalué à 3,2 millions d’euros. Marine Le Pen, qui a toujours clamé son innocence, avait fait appel de cette décision le 1er avril 2025.
Les prochaines audiences et les enjeux
Les audiences pour Marine Le Pen sont prévues les mardi 20 et mercredi 21 janvier. La justice doit confirmer ou non la peine d’inéligibilité. Lors de la première instance, la cour l’avait partiellement relaxée pour certains faits, mais elle avait été déclarée coupable pour d’autres, ce qui a entraîné la peine de cinq ans d’inéligibilité.
Un calendrier accéléré avant la présidentielle ?
Malgré un volume important de dossiers, la cour d’appel a accéléré le traitement de celui-ci pour rendre une décision avant l’été 2026. Le parquet général souhaite une audience dès le début 2026, pour éviter que le délibéré n’interfère avec la campagne présidentielle de 2027.
Si la cour confirme l’inéligibilité, Marine Le Pen devra se pourvoir en cassation. Selon Christophe Soulard, magistrat, la cour s’organisera pour juger rapidement dans ce cas, mais cela reste une procédure classique.
Impact potentiel sur la campagne présidentielle
Les juges sont conscients que la décision pourrait avoir des répercussions sur la présidentielle de 2027. Marine Le Pen a déjà indiqué qu’elle envisagerait de céder sa candidature à Jordan Bardella, actuel président du RN. Dans une interview, elle a déclaré que son successeur pourrait « gagner à ma place ».
