Une proposition de loi pour autoriser certains commerces à ouvrir le 1er mai
Une nouvelle proposition de loi sera examinée à l’Assemblée nationale le 22 janvier. Elle vise à permettre à certains commerces, notamment alimentaires et culturels, d’ouvrir le jour du 1er mai. La question divise les acteurs et les syndicats.
Le contexte actuel
Actuellement, le 1er mai est un jour férié et chômé pour la majorité des salariés. Un artisan employeur peut décider de travailler ce jour-là pour lui-même, mais il ne peut pas faire travailler ses employés, sous peine d’une amende de 750 euros par salarié. Certaines activités, comme les transports ou les hôpitaux, ne sont pas concernées par cette règle.
Les détails de la proposition de loi
Portée par Hervé Marseille, sénateur centriste, cette loi propose d’élargir les dérogations. Elle concernerait notamment les commerces de proximité comme les boulangeries, les fleuristes, mais aussi les théâtres et cinémas. La loi prévoit également que ceux qui choisissent d’ouvrir soient payés le double, à condition que ce soit volontaire.
Les opinions et les enjeux
Pour certains commerçants, comme Catherine Babault, fleuriste, cette journée est importante. Elle souhaite ouvrir pour vendre du muguet lors de la Fête du Travail. Elle explique que cela représenterait une grosse journée d’activité.
Selon l’Insee, permettre à ces commerces d’ouvrir pourrait générer environ 1,5 milliard d’euros de recettes. Cependant, certains professionnels restent prudents. Cédric Arsac, gérant de boulangeries, indique que l’intérêt dépendra du calendrier. En cas de long week-end, la fréquentation pourrait être faible, et ouvrir pourrait ne pas valoir le coût.
Une opposition syndicale forte
Les huit principales organisations syndicales françaises ont publié un communiqué commun. Elles demandent de préserver le caractère « férié et chômé » du 1er mai. Selon elles, l’extension des dérogations pourrait mener à une généralisation du travail ce jour-là, ce qui remettrait en cause les droits des salariés.
Les syndicats estiment aussi que cette mesure pourrait profiter davantage aux grandes entreprises qu’aux petits commerces indépendants. Ils rappellent que le 1er mai est une journée dédiée aux luttes sociales, notamment en mémoire de la fusillade de travailleurs à Fourmies en 1891. Pour eux, cette journée doit rester un symbole de lutte pour les droits des travailleurs.
