Une identité longtemps tenue secrète
Son identité a longtemps été un secret d’État. Ce n’est qu’en 1984 que François Mitterrand a officiellement reconnu sa fille, Mazarine Pingeot. Cependant, ce n’est que dix ans plus tard que le public a découvert son existence, lorsque le magazine Paris Match a levé le voile sur cette vie discrète. Elle a grandi à l’ombre d’un président, protégée et presque effacée, dans le silence d’un homme symbole du pouvoir. Pendant de nombreuses années, Mazarine Pingeot a respecté cette discrétion, jusqu’à aujourd’hui.
Retour sur une jeunesse dissimulée
Le 5 janvier 2026, France 2 diffusera la série Mitterrand Confidentiel, trente ans après la disparition de François Mitterrand. À cette occasion, Mazarine, aujourd’hui âgée de 51 ans, évoquera cette jeunesse cachée dans le documentaire Une autre vie possible, diffusé sur LCP le 8 janvier prochain. Elle y prendra la parole pour exprimer ce qui, pendant longtemps, n’a pas pu être raconté.
Un anniversaire qui ne laisse pas indifférent
Le 7 janvier, sur le plateau de C à vous, Mazarine Pingeot s’est confiée avec sincérité à l’approche du 30e anniversaire de la mort de son père. Elle a relativisé l’importance symbolique de cette date tout en soulignant l’intérêt de moments de recueillement. Elle a précisé que ces anniversaires, comme ceux de 28 ou 15 ans, restent des occasions de réfléchir.
Elle a aussi exprimé sa surprise face au temps qui passe : « 30 ans, ça me paraît dingue… Je ne les ai pas vus passer. » Elle a mentionné la présence constante de son père dans sa vie : « Après, il est tout le temps présent aussi, parce que tout simplement, je le vois à la télé, je l’entends à la radio. Donc c’est une absence qui est… très meublée de présence quand même, et puis évidemment intérieurement, mais c’est vrai que 30 ans, c’est assez impressionnant. »
François Mitterrand, l’homme derrière l’écrivain
L’entretien a permis de découvrir un François Mitterrand plus intime, loin des enjeux politiques. Mazarine Pingeot a raconté son étonnement face à l’anxiété de son père à l’idée de publier ses écrits : « Il avait encore plus peur de publier un ouvrage que de se présenter à des élections. » Elle a souligné à quel point il tenait à ses mots, à ses adjectifs et subjonctifs, soulignant que la critique littéraire touchait à une zone très personnelle : « La littérature, ça livre quelque chose de soi qui vous rend très vulnérable. »
Elle a également évoqué sa propre relation à l’écriture, influencée par ce silence imposé durant l’enfance : « Je pense en effet que moi, la relation que j’ai à la langue est surtout née du silence et de ne pas pouvoir dire. » Les lettres passionnées de François Mitterrand à Anne Pingeot, publiées en 2016, illustrent cette intimité : « J’embrasserai ta main très doucement. Tu ne sauras pas d’où vient cette caresse… Je voudrais que tu souries à la beauté, à l’harmonie. » Pour elle, lire ces textes est « fascinant et troublant à la fois », permettant de découvrir l’homme derrière le mythe.
