Incendie en Suisse : un témoignage poignant d’un rescapé
La nuit du 31 décembre à Crans-Montana a tourné au cauchemar. Alors que les festivités du Nouvel An battaient leur plein, un incendie s’est déclaré dans le bar Le Constellation. Le drame a fait plusieurs victimes et plongé la station dans un silence de sidération. La présence de nombreux jeunes mineurs à l’intérieur de l’établissement a choqué l’opinion publique.
Gianni Campolo, un jeune homme de 19 ans, a témoigné lors de l’émission Quotidien le 7 janvier. Étudiant à Genève, il a été l’un des premiers civils à intervenir sur place, avant l’arrivée des secours. Il raconte qu’il n’a pas hésité à agir, malgré les critiques qu’il a pu recevoir. Pour lui, parler aujourd’hui lui permet d’extérioriser et d’avancer après cette nuit d’horreur.
Une soirée qui bascule dans l’horreur
Tout commence lors d’un repas de famille à quelques centaines de mètres du bar. Une amie présente à table décide de s’y rendre, puis appelle en larmes pour raconter qu’il y a eu une explosion et un incendie. Gianni explique qu’elle arrive seulement deux minutes après le début du feu et échappe de peu au pire. Son père, équipé d’un extincteur, se rend rapidement sur place, tandis que Gianni le rejoint à pied.
À son arrivée, il découvre l’indescriptible. Il évoque des images difficiles : des choses qu’on n’imagine pas voir, des choses surhumaines. Il décrit un mouvement de foule, des personnes gravement brûlées, d’autres en fin de vie. Par respect pour les familles en deuil, certains détails restent secrets, mais Gianni insiste sur un point glaçant : “À l’intérieur, il y avait de très jeunes enfants, 14, 15, 16 ans… C’est une scène horrible.”
Un acte de courage face au danger
Malgré le risque, Gianni décide d’entrer dans le bar. Il constate que les flammes ont disparu, mais une fumée épaisse et toxique envahit le lieu. Il explique que cette fumée, notamment due au monoxyde de carbone, a endormi les personnes à l’intérieur. Il admet cependant ne pas avoir réfléchi à ce danger, laissant l’adrénaline prendre le dessus : “On cesse de penser. C’est l’adrénaline qui prime.”
Pendant plusieurs heures, il effectue des allers-retours pour évacuer les victimes, sans compter. Il raconte qu’il a aidé une dizaine de personnes, tout en portant secours à celles déjà sorties, sous des températures négatives. Il se souvient aussi des pompiers volontaires, dévastés, certains s’effondrant en larmes devant l’ampleur de la tragédie. Ce drame a profondément marqué le jeune homme, qui décrit les scènes à l’intérieur comme inhumaines.
