
Imaginez devoir payer une nounou sans l’aide financière qui vous est habituellement accordée. Chaque mois, jusqu’à 530 euros sont versés aux familles pour financer la garde de leurs enfants de moins de six ans. Ce soutien, connu sous le nom de Complément de Mode Libre de Garde (CMG), aide plus de 700 000 foyers à combler la différence entre le coût réel de la garde et le montant versé par la CAF. Mais aujourd’hui, une réforme en préparation pourrait bouleverser ce dispositif.
Pourquoi Ce changement ?
Un projet de loi, porté par une quarantaine de députés – dont l’ex-ministre de l’Économie Antoine Armand et l’ancien ministre de la Santé Frédéric Valletoux – vise à modifier les modalités de versement du CMG. Actuellement, la procédure est la suivante :
- Pour une partie des parents, l’aide est directement versée sur leur compte, puis ils la reversent à leur assistante maternelle.
- Pour l’autre moitié, l’argent est envoyé directement à la nounou, mais ce système est réservé aux assistantes maternelles affiliées à Pajeemploi+.
Le problème, c’est que près de 49 % des assistantes maternelles ne sont pas affiliées à Pajeemploi+. Cela signifie qu’elles ne bénéficient pas de la garantie de salaire en cas d’impayés, et se retrouvent dans une situation financière précaire, parfois même obligées d’engager des frais judiciaires pour réclamer ce qui leur est dû.
Les impacts pour les bénéficiaires
Le changement proposé serait de verser le CMG directement à toutes les assistantes maternelles, sans passer par les parents. Cela garantirait un revenu de base aux professionnelles de la garde d’enfants et limiterait les impayés, mais cela risque de priver 350 000 Français, actuellement bénéficiaires indirects, d’une aide qui allège leur facture. Ce réajustement de la distribution des fonds pourrait donc avoir des conséquences importantes pour de nombreux ménages, notamment dans un contexte de pouvoir d’achat en berne.
Un contexte de réformes et de défis
Cette proposition intervient dans un climat de réformes plus larges au sein de la CAF, avec des ajustements visant à mieux cibler les aides et à répondre aux enjeux sociaux actuels. L’idée est de moderniser le dispositif pour qu’il soit plus efficace et plus équitable, tout en tenant compte des besoins des assistantes maternelles et des familles. La question est donc de savoir comment redéfinir les rôles et les bénéficiaires pour maximiser l’impact social de cette aide essentielle.