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Un tournant majeur dans la politique familiale française
Les députés français ont voté à l’unanimité, en commission, une proposition de loi qui pourrait bouleverser la politique familiale en France. Ce texte, porté par la députée MoDem Anne Bergantz, vise à ouvrir le droit aux allocations familiales dès le premier enfant. La proposition sera discutée à l’Assemblée nationale le 6 mars 2025, lors de la journée réservée aux textes du groupe MoDem.
Vers des allocations universelles dès le premier enfant
Actuellement, les allocations familiales ne sont versées qu’aux foyers ayant au moins deux enfants de moins de 20 ans. Cette règle, en place depuis l’après-guerre, visait à soutenir la natalité et à aider les familles nombreuses. Cependant, avec une natalité en berne (1,62 enfant par femme en 2024, un record bas depuis 80 ans), la composition des familles françaises a changé. Près de 47 % des familles n’ont qu’un seul enfant, tandis que seulement 12 % en ont trois.
Le projet de loi prévoit une aide forfaitaire d’environ 70 euros par mois pour chaque famille dès la naissance du premier enfant. Cette allocation serait uniforme, sans distinction de revenus ou de rang de naissance de l’enfant. Un investissement estimé à plus de 250 millions d’euros, qui pourrait être financé par une augmentation des taxes sur le tabac.
Un soutien particulièrement attendu par les familles monoparentales
Anne Bergantz défend cette mesure en mettant en avant l’évolution des modèles familiaux et les défis économiques actuels. « Il est essentiel de mieux accompagner toutes les familles, notamment les familles monoparentales dont près de la moitié ne comptent qu’un enfant », souligne-t-elle. Cette aide viendrait ainsi soulager les familles dès les premières années de vie de l’enfant, lorsque les dépenses sont souvent les plus élevées.
Un enjeu de natalité mais aussi d’équité
Pour la députée, l’objectif est double : soutenir la natalité tout en assurant une « égalité de traitement au sein des fratries ». En effet, le dispositif permettrait d’octroyer une allocation dès la naissance de l’aîné, tout comme pour ses futurs frères et sœurs. Cette mesure se veut une réponse aux nombreuses difficultés économiques et sociales qui freinent le désir d’enfant en France, malgré une envie affichée de 2,27 enfants par famille en 2023.
Un dispositif qui ne concernera que les naissances futures
Si la loi venait à être adoptée, elle ne s’appliquerait qu’aux enfants nés après sa promulgation, avec un objectif de mise en œuvre avant le 1er janvier 2027. Dans les six mois suivant cette promulgation, le gouvernement devra présenter un rapport au Parlement détaillant les pistes pour rendre les allocations familiales réellement universelles, sans pénaliser les familles nombreuses.
La nécessité d’une politique familiale ambitieuse
Pour l’Union nationale des associations familiales (Unaf), cette proposition de loi s’inscrit dans un besoin plus large de redéfinir la politique familiale en France. L’association plaide pour une réforme profonde du congé parental et un accès facilité aux modes de garde pour les jeunes enfants. « Ce projet pourrait offrir un véritable espoir à un pays en quête de cohésion sociale », estime l’Unaf, qui appelle à un soutien accru aux familles pour répondre aux défis démographiques et sociaux actuels.
Avec cette initiative, la France pourrait renforcer son modèle social en soutenant toutes les familles, quel que soit le nombre d’enfants, et en contribuant à inverser la tendance de la baisse de la natalité observée ces dernières années.