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L’Union européenne s’apprête à réagir aux nouvelles taxes américaines sur l’acier et l’aluminium. Ursula von der Leyen a annoncé une réponse « ferme », dénonçant une décision injustifiée qui pourrait relancer les tensions commerciales entre Bruxelles et Washington.
Trump impose une nouvelle taxe sur l’acier et l’aluminium
Donald Trump a signé lundi un décret instaurant une taxe de 25 % sur les importations d’acier et d’aluminium, une mesure qui prendra effet dès le 12 mars. L’objectif affiché est de protéger l’industrie sidérurgique américaine en limitant la concurrence étrangère.
Cette politique protectionniste n’est pas nouvelle. Lors de son premier mandat, Trump avait déjà imposé des taxes similaires avant que son successeur Joe Biden ne décide de les alléger. Cette fois, la mesure s’appliquera sans exception, mettant directement en difficulté les exportateurs européens.
Une riposte européenne en préparation
Face à cette décision, Bruxelles n’entend pas rester les bras croisés. Ursula von der Leyen a affirmé que l’Union européenne réagirait avec des mesures de rétorsion proportionnées. « Les droits de douane injustifiés imposés à l’UE ne resteront pas sans réponse », a-t-elle déclaré, précisant que des contre-mesures seront prises dans les semaines à venir.
L’Allemagne, particulièrement concernée par cette taxe, soutient cette ligne dure. Le chancelier Olaf Scholz a insisté sur la nécessité d’une réponse commune des 27 États membres.
Un impact économique redouté
L’Union européenne est un fournisseur majeur des États-Unis en acier et en aluminium, avec près de 25 % de sa production destinée au marché américain. Pour les industriels européens, cette nouvelle taxe représente une menace importante, d’autant que le secteur souffre déjà d’une baisse de la demande et de la concurrence chinoise.
Maros Sefcovic, commissaire européen au commerce, a qualifié cette décision de « scénario perdant-perdant », soulignant que cette taxe pénalisera autant les entreprises européennes qu’américaines. La chambre de commerce américaine en Europe a également dénoncé un choix qui pourrait avoir des conséquences négatives sur l’emploi et la croissance des deux côtés de l’Atlantique.
Quelle réponse de Bruxelles ?
Si l’Europe veut éviter une escalade, elle n’exclut pas de cibler certains produits américains en réponse. Lors du premier mandat de Donald Trump, l’UE avait imposé des taxes sur des produits emblématiques comme le bourbon, les Harley-Davidson ou les jeans Levi’s, visant ainsi des secteurs économiques situés dans des États-clés pour les républicains.
Aucune mesure précise n’a encore été annoncée, mais les discussions sont en cours à Bruxelles pour déterminer la riposte. Ursula von der Leyen doit rencontrer le vice-président américain J.D. Vance à Paris, en marge du sommet sur l’intelligence artificielle, une occasion de tenter d’apaiser les tensions avant une possible guerre commerciale.