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French leftist movement La France Insoumise (LFI)'s presidential candidate Jean-Luc Melenchon takes part in the news broadcast of French TV channel TF1 in Boulogne-Billancourt, outside Paris, on November 17, 2021. (Photo by Thomas COEX / AFP)
Face au débat relancé par François Bayrou sur l’identité nationale, Jean-Luc Mélenchon prend position et plaide pour l’inscription du droit du sol dans la Constitution. Il souhaite également simplifier l’accès à la nationalité française, notamment pour certains professionnels étrangers comme les médecins.
Un débat relancé sur l’identité française
Le Premier ministre François Bayrou a récemment ouvert une discussion sur « ce que signifie être Français aujourd’hui », en évoquant les droits et devoirs liés à la nationalité. Cette déclaration a immédiatement provoqué des réactions, notamment à gauche.
Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi dans une interview accordée à 20 Minutes, dénonçant un débat qu’il juge « inutile et dangereux ». Pour lui, plutôt que de restreindre l’accès à la nationalité, il faut au contraire le faciliter, en particulier pour les étrangers exerçant des professions essentielles.
Naturalisation facilitée pour les soignants étrangers
L’ancien candidat à la présidentielle plaide pour une naturalisation quasi automatique pour les professionnels de santé étrangers travaillant en France.
« Elle devrait être quasi de droit pour les médecins étrangers qui la demandent et la méritent. »
Dans un contexte de pénurie de soignants, Mélenchon estime que ces travailleurs contribuent activement à la société et devraient être intégrés plus rapidement.
Un droit du sol renforcé et inscrit dans la Constitution
Jean-Luc Mélenchon veut aller plus loin en inscrivant le droit du sol dans la Constitution, afin d’empêcher toute future remise en cause.
« Je milite pour l’unité du peuple français. Je ne suis nullement dérangé par le fait que des étrangers deviennent français. »
Selon lui, les réformes visant à restreindre l’accès à la nationalité ne sont qu’un prétexte pour fragiliser le modèle républicain. Il compare même certaines propositions, comme la limitation des allocations aux seuls Français, à une logique d’apartheid.
Un gouvernement favorable à un durcissement des conditions
De leur côté, les ministres Bruno Retailleau et Gérald Darmanin soutiennent une réforme de la Constitution pour restreindre l’application du droit du sol sur tout le territoire français.
« Il faut repenser en profondeur notre modèle d’accès à la nationalité », a déclaré Gérald Darmanin sur LCI.
Le débat sur l’identité nationale et la nationalité française semble bien parti pour devenir un enjeu majeur des prochaines élections, opposant deux visions radicalement différentes de l’intégration et de la citoyenneté.