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La réforme du budget de la Sécurité sociale pour 2025 va impacter directement l’indemnisation des salariés en arrêt maladie. Une nouvelle mesure prévoit de réduire le plafond des indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie, suscitant de vives réactions chez les syndicats et les travailleurs concernés.
Un budget définitivement adopté malgré les oppositions
Le mercredi 12 février, les députés ont rejeté la dernière motion de censure déposée par La France insoumise (LFI) contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Ce texte, adopté grâce au recours au 49.3 par le Premier ministre François Bayrou, devrait être validé définitivement par le Sénat dans les prochains jours avant d’être promulgué d’ici la fin du mois.
S’il prévoit une hausse des dépenses de santé avec un milliard d’euros supplémentaires pour les hôpitaux, le budget inclut aussi des mesures d’économies, notamment sur l’indemnisation des arrêts maladie. L’objectif : réduire le déficit public et ramener les finances de l’État entre 5% et 5,5% du PIB en 2025.
Un plafond d’indemnisation abaissé de 1,8 à 1,4 Smic
Actuellement, les salariés en arrêt maladie bénéficient d’indemnités journalières correspondant à 50% de leur salaire brut, avec un plafond fixé à 1,8 Smic. Autrement dit, un salarié en arrêt peut recevoir jusqu’à 52 euros par jour de la part de la Sécurité sociale.
Avec cette réforme, ce plafond va être réduit à 1,4 Smic, soit une indemnisation maximale de 40 euros par jour. Une baisse de 12 euros par jour, qui pourra néanmoins être compensée par les employeurs ou les mutuelles, selon les termes du contrat de prévoyance dont dispose chaque salarié.
Un décret précisant les modalités d’application de cette nouvelle règle est attendu dans les prochaines semaines.
Une mesure controversée et critiquée par les syndicats
Cette diminution des indemnités journalières a immédiatement suscité une levée de boucliers chez les syndicats, qui dénoncent un coup dur porté aux salariés en arrêt maladie.
Dans un communiqué, la CFDT fustige une “mesure brutale”, estimant qu’elle pénalise particulièrement les travailleurs les plus précaires :
- Salariés avec peu d’ancienneté, qui ne bénéficient pas encore d’une couverture complémentaire.
- Travailleurs en arrêt prolongé, notamment au-delà de 90 jours sans prévoyance.
- Salariés du particulier employeur, qui n’ont pas toujours accès aux mêmes garanties que ceux des grandes entreprises.
Si cette mesure doit permettre de générer entre 400 et 600 millions d’euros d’économies, elle risque d’alimenter un nouveau bras de fer social entre le gouvernement et les organisations syndicales, qui dénoncent une réforme faite au détriment des travailleurs malades.